Dans les bois généreux Abondant courait le gibier Offrant aux chasseurs agiles ou chanceux Le chant des oiseaux et le manger.
Le soir quand le ciel se faisait velours Dans un grand reflet roux Propice aux amours Montait vers le grand Manitou Le battement des corps et des tambours.
Puis un jour brutalement L'horizon devint noir. Inquiétant Un nuage funeste et menaçant Voilà tout à coup la lumière du levant.
Le son du clairon alors monta Paradoxal dans ce décor Où tout inspirait la vie Sonna la mort.
Des canons aux papilles dilatées d'ombre S'avancèrent sur un terrible inventaire Scrutant de leur œil sombre Tout ce qui dépassait de la Terre.
Puis leur rétine brilla d'une lueur immonde On crut voir milles volcans Dans ce reflet de tombez Déverser leur lave sur les vivants.
Et devant ces cratères se vidant de haine Le vautour courba la tête comme le loup Croyant sentir du diable l'haleine Passer glaciale sur leur cou.
Les tipis en flammes Brûlèrent trois jours et trois nuits Ici pas de prodige, l'énorme incendie Dévorait une forêt d'enfants et de femmes.
Car le feu pour s'étendre Ne connaît qu'une seule loi Pour faire de la cendre La chaire vaut bien le bois.
Il dura donc et grandit Tant qu'il put brûler les âmes Il avait pour âtre la prairie Et une cheminée à la mesure du drame Le ciel tout entier s'assombrit En toussant cette fumée infâme.
Il ne manquait plus à cette fournaise Que la face hideuse d'un ange déchu Laissant dans cette glaise Sur le mausolée d'une tribu.
L'empreinte de son trône, abominable chaise A la gauche de laquelle put être vue. Broutant cette braise, l'âme De Caïn puisqu'à sa droite, magnifique, Se dressait l'oncle Sam Tenant dans sa main le scalp de l'Amérique.
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