Comme un chapelet humain Que l'on frotte dans ses mains Je vous prends en caresses Sur la nacre de la tendresse.
Il n'est pas vain à l'homme nouveau D'espérer des demains sans pareil, Des jours surnuméraires au soleil Quand l'enfant crie au berceau.
Les sons de la vie, la chaleur du cœur La demande incessante avant que ne meurt Sous les bombes incendiaires Sous la gifle du père Cet autre moi-même.
Laissez-moi être en vie Ce que je fus, je l'ai laissé Dans le tiroir de mon esprit Je reviens pour vous aimer.
Je suis l'ombre fragile et forte Qui prend dans vos âmes ici-bas Les couleurs et le trait d'une eau forte Un jour certain, un jour sera Un jour mêlé des lendemain métis Amour mélangé sous les doigts de Matisse.
Je brûlerai les uniformes Les oripeaux de la norme Les drapeaux sanglants Pour donner de l'élan
L'amour multiplié et sacrifié D'un homme accroché à la croix Qui vient à la croche humanité Chanter le credo des voix
Des voix mortes et vivantes Quand le médium chante A perdre la raison de son corps Pour Madame la Mort
Pour Monsieur le Vivant Qu'importe la sourde frontière Du Mexique à l'Iran J'entends, j'entends, j'entends !
Les pas de liberté dans la vase Et si ma tourbe d'Ecosse écrase Le sobriquet absurde de la haine Avec vous je rêve et j'égrène Mon idée résistante Mon Elsa obsédante.
J'aime à vous voir en secret Quand Michel m'ouvre la porte Il me dit tout ce qu'il a rêvé Addition des mondes en sorte.
Le doigt silence sur la bouche Son cœur balance vers elle Vera, femme qu'il touche Dans le rêve des nuits du ciel.
Oh que j'aime entendre Ceux qui disent non à l'étau Comme on refuse à se pendre Pour donner la main à son bourreau.
Oh que j'aime surprendre Comme boules au sapin Tous vos cœurs tendres Ils éclairent demain.
Pour une lueur à l'esprit Une flamme dans la vie Vous en êtes les poètes Des victoires en fête.
S'il faut pour aimer l'homme Composer une ode à la mort Je donnerai ma voix, mon corps Et avec vous mon décorum Pour chanter la Paix, la Paix !
Laisser un commentaire