J'ai rampé comme un ver
Avant d'être sur Terre
Me nourrissant des miens
Cannibale par la faim.
Ces premiers rudiments
Préparaient le sentiment
A mieux se révéler
De vivre en communauté.
Que de temps dans ce limon
Sans le rythme des saisons
Au ciel pesant et noir
Incitant aux cauchemars.
Que de combats pour la vie
Lutte du pas vu pas pris
Dans la désolation
Semblable à ma raison.
Ne pouvant satisfaire
Que mes instincts primaires
Cela a duré jusqu'à
Ce que je sois un repas.
Je me suis retrouvé seul
Enfermé dans un linceul
Traversé d'une chaleur
Rassurante pour mes peurs.
Devenu chrysalide
J'en suis sorti valide
Propulsé sur la Terre
Dans un tout autre univers.
Avec des jambes et des bras
Un corps se tenant tout droit
J'apprends les balbutiements
De ce qu'est l'entendement.
Cela peut vous surprendre
Mais je viens des méandres
De la bestialité
Pour gravir l'humanité.
Et si le verbe "aimer"
Ne m'est pas familier
C'est que mon ignorance
Pèse sur la balance.
J'imprime ma mémoire
De petits pas vers le savoir
Enrichis de ressentis
Plus que de principes acquis.
Il faut que ces derniers
M'approprient tout entier
Et que ma conscience
Se gagne dans l'offense.
L'individualité
A l'origine pulsée
Par Dieu le créateur
Répondra de mes erreurs.
Quand pris dans le tourbillon
Des réincarnations
Où étourdi et harpé
Je viendrai évoluer
Que dans les réalités
Qui doivent me transformer
Soient l'amour que mes parents
Porteront à leurs enfants.

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