On raconte qu’un jour, les anciens ont perdu le bonheur.
Qu’il s’est échappé des mains humaines
comme un cheval fou brisant sa longe,
galopant vers l’horizon avec la lumière entre les dents.


Alors les peuples ont crié :
« Mais où est donc le bonheur ? »
Et la question a roulé, d’âge en âge
comme un tambour de guerre battant sous la peau du monde.


Les rois l’ont cherché dans l’or.
Les prêtres l’ont cherché dans le ciel.
Les marchands l’ont pesé, vendu, empaqueté.
Les guerriers l’ont traqué dans la victoire.


Les poètes l’ont poursuivi dans les mots.
Mais le bonheur riait, invisible,
glissant entre leurs doigts comme une eau indomptable.
Alors un jour, une femme s’est levée.


Pas une reine, pas une sainte,
juste une femme avec un cœur qui cognait trop fort.
Elle a dit :
Je marcherai jusqu’au bout du monde s’il le faut.

Je trouverai ce qui fuit,
je parlerai à ce qui se cache. »
Elle a traversé les plaines où les illusions poussent comme des herbes folles,
les montagnes où l’orgueil se dresse en murailles,
les déserts où l’on confond soif et désir.


Elle a affronté les tempêtes du doute,
les mirages de la comparaison,
les monstres de la nostalgie qui dévorent les vivants.


Chaque fois qu’elle croyait toucher le bonheur,
il se dissolvait comme une ombre au soleil.
Chaque fois qu’elle le croyait perdu,
un éclat revenait, minuscule, têtu,
comme une braise refusant de mourir.


Un jour, épuisée, elle s’est assise.
Elle n’avait plus de force, plus de quête, plus de masque.
Elle a respiré.
Juste respiré.
Et dans ce souffle nu, sans gloire, sans attente,
quelque chose a vibré.


Alors le bonheur est venu.
Pas en roi, pas en miracle,
mais en compagnon silencieux.
Il s’est assis à côté d’elle
comme s’il avait toujours été là,
attendant qu’elle cesse de courir.


Et la femme a compris :
le bonheur n’était ni au bout du monde,
ni dans les victoires, ni dans les promesses.


Il était dans la marche elle-même,
dans la brûlure et la douceur,
dans la lucidité de ses cicatrices,
dans la vérité de son souffle.


Elle s’est relevée,
non pour chercher,
mais pour vivre.
Et le bonheur a marché avec elle,
non comme un trésor,
mais comme une lumière intérieure
qui ne demande qu’une chose :
qu’on lui laisse de la place.

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