Dans une clairière vivait un vieux chêne et, à son pied, une petite ronce.
Un jour, la ronce se sentit froissée : le vent avait emporté une de ses feuilles et l’avait déposée contre le tronc du chêne. Elle en conclut que l’arbre se moquait d’elle.
La ronce se mit alors à murmurer des piques, à tendre ses épines vers le chêne, à griffer son écorce dès qu’une brise les rapprochait.
Le chêne, lui, ne disait rien. Il la laissait faire, immobile, patient.
Les saisons passèrent.
La ronce, nourrie par sa rancune, s’enroula de plus en plus autour du tronc, persuadée qu’elle se protégeait ainsi de l’offense.
Mais plus elle s’agrippait, plus elle se blessait elle-même : ses propres épines lui déchiraient les tiges, et son feuillage s’étouffait dans son propre nœud.
Un matin d’orage, un éclair frappa la clairière.
Le chêne encaissa la foudre, solide.
La ronce, elle, fut projetée au sol, arrachée par la violence du choc.
Elle comprit alors que le chêne n’avait jamais été son ennemi : il avait simplement été là, immobile, tandis qu’elle se déchirait contre lui.
Le vent, témoin de la scène, souffla doucement :
« La rancune n’étouffe jamais celui qu’elle vise. Elle n’étreint que celui qui la porte. »
La ronce, affaiblie mais lucide, décida de repousser loin du tronc, libre cette fois, sans épines tournées contre elle-même.
Moralité :
La rancune croit punir l’autre, mais elle ne fait que nous emprisonner.

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